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Notre point de vue

Édito Newsletter #10 – Septembre 2019

En quelques années, la problématique du gluten a pris de de l’ampleur en France. Ce phénomène, fortement relayé par les médias, est également amplifié par le développement de l’offre de produits alimentaires sans gluten, par les personnalités/personnes d’influence s’exprimant sur le sujet et par certaines professions paramédicales qui louent les supposés vertus des régimes d’exclusion.

Face à tous ces discours, volontiers contradictoires, comment a évolué la perception du gluten et des aliments en contenant ? Les Français-es semblent sensibles aux messages sanitaires portant sur leur assiette, mais combien ont réellement changé leurs habitudes depuis la montée des interrogations sur le gluten ? Et quels ont été les leviers, le cas échéant, de la modification de leur consommation ?

Suivant la même méthodologie que celle de l’édition 2015, nous nous sommes une nouvelle fois intéressés à la perception :

Du grand public : un échantillon représentatif de la population française adulte (un peu plus de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus) a été interrogé par l’intermédiaire d’un questionnaire en ligne, entre les 5 et 8 mars 2019.

Des professionnels de santé : 258 professionnels de santé représentatif de la diversité des spécialités médicinales en France ont été interrogés. L’enquête a été menée via un questionnaire administré par téléphone entre le 10 mars et le 8 avril.

Connaissances sur le gluten et modifications des habitudes alimentaires :

En 2015, 95% des Français interrogés avaient déjà entendu parler du gluten. En 2019, ils sont 97% à en connaitre l’existence. Pour autant, le grand public comme les professionnels de santé se sentent moyennement informés sur le sujet (note moyenne donnée en 2019 : 5,6/10 pour le GP et 6,2/10 pour les pros de santé).

Cette plus large sensibilisation n’est donc pas forcément synonyme d’une meilleure connaissance du sujet :

Ainsi, si en 2015, 40% des répondants faisaient le rapprochement entre gluten et protéines, ils ne sont plus que 18% à faire ce lien en 2019. Pour autant, une majorité de Français (72%), notamment les plus seniors (79%), sait que le gluten est un des composant naturel de certaines céréales. Le blé est par ailleurs la céréale la plus associée spontanément au gluten.

En revanche, près de la moitié (48%) des Français (contre 65% en 2015) et près de deux tiers (63%, contre 60% en 2015) des professionnels de santé pensent que le gluten est aujourd’hui plus présent dans notre alimentation.

On peut noter, in fine, que le grand public et les professionnels de santé associent les mêmes principaux aliments au gluten :

Source : Etude Occurence, Initiative Gluten – 2019

Toutefois, aussi répandues soient les discussions autour du gluten, les Français (à l’exception des personnes atteintes d’une pathologie liée au gluten) n’en modifient pas pour autant leurs habitudes alimentaires. Ils sont ainsi 92% à déclarer ne pas avoir modifié leurs habitudes de consommation bien qu’ils aient été sensibilisés sur le sujet du gluten (contre 94% en 2015).

En 2019, les principales sources d’informations sur le gluten sont la télévision (59%, +7 points vs 2015) et l’entourage (45%, stable vs 2015), et constituent les premiers vecteurs d’information sur le gluten pour le grand public. L’information relayée par un professionnel de santé reste minoritaire, bien que la majorité d’entre eux (79%, +8 points vs 2015) a déjà été spontanément interrogée sur le sujet du gluten au cours d’une consultation.

Source : Etude Occurence, Initiative Gluten – 2019

Grand public et professionnels de santé : une opinion contrastée

Dans leur immense majorité, les Français (71%) et les professionnels de santé (86%) partagent un avis neutre ou positif sur le gluten. Certaines spécialités de santé néanmoins, et plus particulièrement les homéopathes, naturopathes, ostéopathes et kinésithérapeutes, ont une opinion plus tranchée et plus négative sur le gluten (vs les médecins généralistes).

Enfin, bien qu’ils conservent un avis neutre sur le sujet, les professionnels de santé sont de plus en plus nombreux (87%, contre 71% en 2015) à penser que le « sans gluten » est un argument marketing, et un phénomène médiatique (86%, vs 68% en 2015). Néanmoins, 66% estiment malgré tout que ce régime peut répondre à de vrais problèmes d’intolérance autrefois mal diagnostiqués.

On note ainsi une distorsion importante entre les Français qui, lorsqu’on les interroge, se déclarent intolérants, allergiques ou hypersensibles à des niveaux 2 à 3 fois supérieurs au seuil de 5% communément avancé par les experts.

Et si, dans le cas de l’hypersensibilité au gluten non cœliaque plus particulièrement, 63% des professionnels de santé déclarent constater une augmentation du nombre de cas (rapportés), cette montée de l’HSGNC pourrait s’expliquer, d’après eux, par :

– En premier lieu, un effet de mode (32%, contre 11% en 2015),

– L’évolution de la composition des produits (31% vs 21%),

– L’évolution des pratiques alimentaires (22% vs 19%),

– L’évolution de l’agriculture et des blés cultivés (19% vs 25%),

– Et enfin certains professionnels citent les progrès en termes de diagnostic (8% vs 15%).

Concernant le régime sans gluten, 52% (vs 59% en 2015) des professionnels de santé interrogés l’ont déjà conseillé au moins une fois à un patient afin de traiter des troubles digestifs et/ou des allergies/intolérances au gluten. Cependant, par rapport à 2015, les médecins semblent pousser davantage la démarche de diagnostic avant de conseiller un régime sans gluten.

Source : Etude Occurence, Initiative Gluten – 2019

Quant à leur perception de ce régime, les médecins généralistes semblent plus sceptiques que les spécialistes au regard des risques de déséquilibre alimentaire et de carences potentielles s’il n’est pas correctement prescrit ou suivi. Les seconds sont eux plutôt convaincus qu’un tel régime aide à mieux digérer, ou tout simplement se sentir mieux.

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