youtube

Notre avis d'expert

Questions à M. Jean-Michel Chardigny


Jean-Michel Chardigny & JTIC 2016

1. Le Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé a publié en novembre dernier un État des Lieux sur le gluten. Quelles sont les raisons qui ont conduit le FFAS à prendre la parole sur ce sujet ?

« Le FFAS s’attache à apporter un éclairage scientifique sur les questions de nutrition et d’alimentation qui font l’actualité et qui sont objet de controverses. Il rassemble de nombreux acteurs de l’alimentation et un réseau d’experts pluridisciplinaire, ce qui lui permet d’aborder ces questions dans toutes leurs dimensions. La thématique du gluten fait actuellement l’objet de débat au sein de la communauté scientifique, comme parmi le Grand Public. C’est la raison pour laquelle le FFAS a pris la parole sur ce sujet. »

2. De nombreux chercheurs et universitaires ont contribué à l’élaboration de ce document. Quelles ont été les différentes disciplines et expertises scientifiques nécessaires pour ces travaux ?

« Les disciplines mobilisées pour ce travail ont été : la technologie alimentaire, l’allergologie, la nutrition, la gastro-entérologie, la rhumatologie. »

3. Dans son État des Lieux, le FFAS émet différentes hypothèses sur l’augmentation des prévalences des maladies et troubles liés au gluten. Pouvez-vous nous préciser les hypothèses formulées par le FFAS et quels seraient les travaux à conduire pour confirmer ou lever ces hypothèses ?

« Un meilleur diagnostic est d’abord à mettre en avant, notamment pour la maladie cœliaque. Pour mieux connaitre l’hypersensibilité non coeliaque au gluten, des études d’intervention chez des volontaires hypersensibles et/ou non hypersensibles doivent être envisagées. »

4. Les produits céréaliers, et notamment le pain, ont toujours constitué la principale source de gluten de l’alimentation des Français. Hors la consommation de pain a considérablement diminué ces 50 dernières années. Pourquoi le gluten est-il donc mis au ban aujourd’hui ?

« Au-delà des aspects quantitatifs, la nature du gluten, en lien avec toutes les étapes de culture et de fabrication des produits céréaliers (et d’autres), constitue une des hypothèses de travail pour de futures études. »

5. Si la maladie cœliaque et l’allergie au gluten de blé sont deux pathologies dont le périmètre clinique a été clairement défini par les professionnels de santé, aujourd’hui de plus en plus de personnes se déclarent ‘hypersensibles’ au gluten de blé. Face à ce syndrome aux contours encore flous, la responsabilité même du gluten reste débattue. Le gluten aurait donc été jugé responsable trop vite ?

« Concernant les troubles digestifs, les FODMAPS (Fermentable Oligo-, Di-, Mono-saccharides And Polyols) ou encore les ATI (des inhibiteurs de l’amylase/trypsine) sont parfois évoqués, sans que des données solides aient été publiées. Pour autant, les symptômes extra-digestifs sont plus difficiles à expliquer. »

Réponses apportées par M. Chardigny à l’occasion de sa participation aux Journées Techniques des Industries Céréalières 2016.